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Annonce de la création du Centre de recherches sur l'Imaginal à Epinal

le Ven 2 Fév - 17:56
Opportunité.
L’expérience culturelle très vivante du festival des Imaginales d’Epinal et notamment des IME  validée depuis des années par le public et le salon/festival, les thématiques déjà développées par les IME sont prémisse à la création un laboratoire de travaux herméneutiques ou Centre international de recherches sur l’Imaginal.
Basé sur la riche expérience des IME spinalien, et bénéficiant de son support, il en porterait le rayonnement en le démultipliant, en l’ouvrant à d’autres réseaux. Il en constituerait à la fois le fondement théorique et le porte parole dans les milieux savants européens voire même extra européens . Il aurait valeur d’agir.
Rassemblé tous les deux ans, (donc ce serait  pour la première édition en mai 2019, à Epinal) en amont du Festival des Imaginales, il réunira des spécialistes issus des divers réseaux (voir listé ci dessus) travaillant ces questions assurant la pérennité et le rayonnement d’un référencement savant dans les domaines de la « Quête », de l’Alchimie, des ésotérismes, des herméneutiques, des littératures de l’Imaginaire, voir de diverses spiritualités.
Objet. :
• cultiver la recherche de la parole perdue telle qu’elle s’est maintenue et se développe chez les défenseurs de la Tradition, du Livre et de l’Image et dans ses réceptions les plus diverses. Les travaux d'Henry Corbin sur le concept d’imaginal, ouvrent en effet sur la notion d’une imagination active et/ou créatrice comme moyen pour renouer avec la dimension transcendante et spirituelle de l’homme et pour retrouver le contact avec notre être le plus Essentiel ainsi que la conscience de la non-séparabilité entre le monde et nous. C’est une méthodologie de al mythocritique  qu’il nous appartient de convoquer.
• développer les travaux les concepts théorisés par Henry Corbin, Gilbert Durand, Michel Maffesoli, Paul Bachelard, C-G Jung, et le spinalien Marcel Mauss, ce qui implique de revisiter nos Imaginaire sociaux et culturels sur la base d’une quête théosophique de la Grande Lumière de nos Orients mythiques. Pour Henry Corbin * "La fonction du mundus imaginalis et des formes imaginales se définit par leur situation médiane et médiatrice entre le monde intelligible et le monde sensible. D’une part, cette fonction immatérialise les Formes sensibles, d’autre part, elle «imaginalise» les formes intelligibles auxquelles elle donne figure et dimension. Le monde imaginal est de fait le lieu où peut s’observer « le caractère indéfini et multiforme des puissances spirituelles » (Marcel Mauss). Ceci, concerne au premier chef, l’actualité du sacré .
Ce travail revêt un grand intérêt dans les situations de tensions sociales et culturelles que nous vivons, en permettant de nouer -ou renouer- des liens avec les sagesses traditionnelles, en ouvrant d’autres pistes de réflexion.

Il constitue une réponse intelligente et théoriquement armée au fameux -et si pauvre conceptuellement- « choc des civilisations». Nous observons tous de fait un véritable engouement de l’Occident pour tout ce qui vient d’Orient et particulièrement d’Extrême-Orient : méditation zen, médecine chinoise, arts martiaux, yoga, feng-shui…. Il demande à être analysé, étudié, mais est révélateur d’une complémentarité fondamentale entre les cultures européennes et orientales qui occupent les deux côtés du seul et même continent Eurasien. Ce goût actuel de l’Occident pour l’Orient n’est d’ailleurs pas récent, il s’ancre dans une histoire commune et partagée, sur des transversalités culturelles, déjà (cf. Auguste Comte, Carl Gustav Jung, René Guénon, et, bien sûr Henry Corbin, Gilbert Durand).
Travaillant notamment les liens spirituels et culturels Orient/Occident, un tel centre apportera une réponse de lucidité sur le moment de décision (krisis) que nous vivons, « critique » comme le temps qui a déjà vu notre civilisation passer duvolumen de parchemin au codex, du roman au gothique, de l’écriture réservée aux clercs à celle, vulgarisée grâce à la découverte de l’imprimerie et du caractère mobile, ou encore de la naissance de la parole portée au loin par les ondes radiophoniques, puis la TV, et maintenant à la Galaxie Internet, lequel tisse désormais les fils de notre vie .
Une autre piste prometteuse consisterait également à associer les CRI d’Amérique du Sud très vivants et lieux de travaux importants sur els cultures syncrétiques au Brésil, Mexique, Chili etc. à Porto Alegre, Rio de Janeiro, Brasilial, Mexico, et, au Chili, les travaux sur la culture des mapuche (voir le spinalien Claude Vautrin), cf. Les Imaginaires du Nouveau Monde ( Bertin& Guillaud dir.).
Car voici que « la pluralité des temps succède à l’uniformité du Temps » (Mc Luhan) que nous vivons une mutation considérable d’une socialité fondée sur la concaténation des marginalités (Maffesoli), temps de synthèses et de syncrétisme amplifiée par l’accélération des échanges dans la numérisphère.

Une société déjà transculturelle !.
L’épistémologie de l’Imaginaire se situe au carrefour de la multiplicité des cultures, elle concerne et l’étude des « enracinements dynamiques » et constantes des variations culturelles (langues, coutumes, etc.) liés à nos imaginaires. Elle renoue aujourd’hui avec le cœur de notre relation au sacré en valorisant, comme c’est patent aujourd’hui, la référence aux mythes fondateurs, aux archétypes, lesquels se déclinent et s’effectuent dans ce que Gilbert Durand nomme « les structures anthropologiques de l’Imaginaire ». Au service de cette démarche, le concept de « transculturalité » combat ceux qui veulent opposer les cultures dont on voit bien quels intérêts ils servent et dont l’histoire a déjà fait long feu. Se crée donc sous nos yeux, induit par les réseaux numériques à la fois vecteurs et producteurs, et surtout accélérateurs, un régime sociétal placé sous le signe de l’échange de ce qui nous est commun dans un contexte de transmutations constantes, et ce qui est commun est à rechercher dans nos imaginaires. Créatrice et jamais achevée, la société transculturelle est irréversible, elle induit des processus dans lesquels chacun peut échanger de façon non séparée et non exclusive. En émerge une réalité nouvelle en mosaïque, des  phénomènes originaux et indépendants, elle interroge la Post Modernité (Michel Maffesoli) en ses diverses réalisations et assomptions.
Plus profondément, au moment même où l’homme moderne traverse une crise de religiosité, nous pouvons explorer cette région particulière de sociétés passées et actuelles, à l’intersection des mondes sensibles, de l’imaginaire et du spirituel, lieu que Henry Corbin nommait Imaginal, celui d’une rencontre et d’une spiritualisation du monde quand le sacré se manifeste comme une réalité qui modèle comportement humain et qui nous révèle des dimensions religieuses cachées dans le profane. Vaste champ d’étude et de réflexion !
Une méthode : le comparatisme appuyé sur les travaux de l’anthropologie de l’Imaginaire, de l’histoire religieuse, des symbolismes, des ésotérismes et gnosticismes, des Grandes Images , des littératures de l’Imaginaire.
Les travaux développés par
• certains courants thérapeutiques, (par ex. holisme, sophrologie, reiki, tai chi, zen),
• certaines expériences théâtrales ou cinématographiques, arts orientaux, BD, romans, etc.),
• les apports contemporains des disciplines étudiant les ressources de la galaxie Internet.
Outils :
- comité d’organisation locale à voir (IME, Imaginales, Bibliothèque, Musée) sous la responsabilité de Stéphane Wieser, directeur des Imaginales, et responsable de communication, et la présidence de Jacques Orefice
- comité scientifique restreint à ce centrereprésentatif des enjeux, travaillant avec les réseaux et appuyé sur l’équipe des Imaginales, Michel Maffesoli en accepterait la présidence.
A plus long terme :
• séminaires en ligne via MOOC,
• site internet de diffusion internationale,
• publications d’actes et travaux,
• revue, etc.
- Georges Bertin. Angers, le  2 février 2018, en la fête celte d'Imbolc
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